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Newsletter Affaires Publiques Thèmes de Campagne #2

3 avril 2017


 

Bienvenue sur le deuxième numéro de « Thèmes de Campagne » !

Le département Affaires publiques et relations institutionnelles de Grayling France analyse les thèmes de campagne et propositions portés par les candidats à l'élection présidentielle, leur impact dans les media et sur les réseaux sociaux, et les prises de position des principaux représentants d'intérêts.

Retrouvez à chaque numéro une thématique de campagne passée au crible de nos consultants.

Nous poursuivons cette semaine avec notre deuxième numéro consacré au logement.

Bonne lecture !


Grayling est l'un des premiers réseaux international d'agences de conseil, expertes en Affaires publiques, Relations publiques et Communication digitale. Implanté à Paris avec une trentaine de consultants, compte possède plus de 50 bureaux dans une trentaine de pays en Europe, Amérique du Nord, Moyen-Orient et Asie.

 

 
 

Logement : quelles propositions des candidats ?

 
 
 
 

 
 

 

Sujet majeur de préoccupation des Français, les différents enjeux liés au logement sont pourtant moins traités que lors des élections précédentes. Selon un sondage OpinionWay de janvier 2017, 75% des personnes interrogées souhaitent ainsi que cette thématique soit évoquée de façon plus approfondie. Conscient de l'importance du sujet (plus d'un jeune sur quatre, de 18/24 ans, place le logement parmi les enjeux qui compteront le plus pour eux au moment de voter au 1er tour), les candidats ont depuis détaillé à des degrés divers leurs propositions en la matière.


Immobilier


François Fillon est le candidat ayant proposé le programme le plus détaillé en matière immobilière. Très critique à l'égard de l'efficacité de la politique du logement du Gouvernement actuel, il propose d'abroger la loi ALUR jugée inefficace et de supprimer l'encadrement des loyers, pour le remplacer par un

« bail homologué » octroyant des avantages fiscaux aux propriétaires-bailleurs pratiquant des loyers faibles « sur une longue période ». Sur le sujet de la fiscalité immobilière, il préconise une baisse des droits de mutation à titre onéreux. De même, le délai d'exonération de taxes sur les plus-values serait ramené à 15 ans. Enfin, il souhaite qu'un seul dispositif d'aide à l'investissement locatif soit conservé, basé sur un amortissement de longue durée (entre 20 et 30 ans), et que le prêt à taux zéro dans sa nouvelle version soit réservé́ à l'accession uniquement pour les logements neufs, sauf en zone rurale.

 

Le programme d'Emmanuel Macron contient peu de nouveauté en matière immobilière. Il est favorable au maintien de l'encadrement des loyers, de l'exonération des plus-values immobilières fixée aujourd'hui à 22 ans et des normes de construction en vigueur. Il met toutefois en avant une proposition novatrice avec la création d'un « bail mobilité ». Celui-ci valable un an s'appliquerait uniquement dans les zones tendues pour les personnes en contrats précaires. Selon le candidat d'En Marche !, cette proposition permettrait de faire revenir sur le marché immobilier une certaine catégorie d'investisseurs sur le départ.

 

Les 144 engagements présidentiels de Marine Le Pen ne contiennent que quelques propositions en matière immobilière. Elle propose ainsi de renforcer les dispositifs de prêts aidés en améliorant les conditions de rachat par les locataires de leur logement social pour parvenir à 1 % du parc HLM vendu chaque année, de réduire les droits de mutation de 10 % ou encore de rationaliser et simplifier les normes d'urbanisme et de construction afin de résorber les tensions sur le marché du logement.

Elle a annoncé qu'elle souhaitait baisser la taxe d'habitation pour les plus modestes tout en supprimant la prise en compte du patrimoine dans le calcul des APL, afin de les pérénniser. Par ailleurs, la candidate propose de créer une« Protection Logement Jeune » pour faciliter l'accès au logement des jeunes, qu'ils soient étudiants ou salariés. Ce dispositif inclurait un grand plan de construction de logements étudiants et la revalorisation de 25 % des APL pour les jeunes de moins de 27 ans.

 

Le programme de Benoit Hamon se fonde sur la stabilité juridique et fiscale des règles. Dans les 6 mois de l'élection présidentielle une Conférence sur le logement avec les professionnels et les acteurs de la chaine du logement sera chargée d'élaborer le cadre général de la politique du logement du quinquennat. Plus concrètement, le candidat du PS souhaite élargir l'encadrement des loyers aux 13 métropoles françaises tout en donnant plus de moyens pour les contrôles mais aussi pour les recours des locataires. Par ailleurs, critique à l'égard du dispositif d'investissement locatif « Pinel » qu'il juge budgétivore, il préconise de poursuivre ce type de dispositif uniquement dans les zones à forte demande de logements.

 

 

Jean-Luc Mélenchon a élaboré son programme immobilier en concertation avec la Fondation Abbé Pierre. Il reprend ainsi de nombreuses mesures préconisées par la Fondation (voir infra). Son programme radical est fondée à la fois sur l'encadrement du montant des transactions immobilières et sur la création d'une « sécurité sociale du logement », à savoir un mécanisme permettant à l'ensemble de la population d'avoir, tout au long de sa vie, le droit à un logement issu du parc social. Enfin, Il souhaite investir 18 milliards d'euros pour construire 200 000 logements sociaux neufs par an et en réhabiliter 700 000 pour qu'ils deviennent à énergie positive.

 

 

 
 

 

Rénovation énergétique


Les différents candidats à l'élection présidentielle ont pu présenter certaines mesures en matière rénovation énergétique des logements à l'occasion du « grand oral » de la Fondation Abbé Pierre le 31 janvier.

Contrairement à ses propositions en matière immobilière, le programme de François Fillon sur le sujet de la rénovation énergétique contient peu de mesures précises. Il se déclare favorable à la fin progressive de la CSPE (Contribution au Service Public de l'Electricité : Taxe destinée à compenser les surcoûts liés aux charges de service public de l'électricité, supportées par tous les concessionnaires de réseaux publics d'électricité) afin de dégager des économies pouvant être réorientées vers la rénovation des logements et plus particulièrement des logements anciens les plus énergivores.

Il souhaite par ailleurs mettre en place une simplification des dispositifs d'aide à la rénovation énergétique et un encadrement du CITE.

Sur le sujet de la rénovation thermique des bâtiments, Emmanuel Macron dit vouloir s'inspirer du "Green Deal" britannique. Celui-ci visait à permettre aux consommateurs d'améliorer l'efficacité énergétique de leurs habitations par un système de prêts remboursés par les gains d'énergie réalisés. De manière plus précise, Emmanuel Macron souhaite transformer le système du CITE (Crédit d'Impôt pour la Transition Energétique) en subvention directe pour éliminer le décalage entre l'avance financière par les particuliers et le remboursement des travaux par le CITE.

De plus, il propose la mise en place d'un fonds public et d'audits gratuits pour les ménages les plus précaires souhaitant opérer des travaux de rénovation énergétique.


Le programme de Benoit Hamon sur le sujet de la rénovation énergétique est le plus développé des candidats à l'élection présidentielle. Il place la rénovation énergétique comme un axe majeur de sa politique environnementale. Il propose ainsi de mettre en place un grand plan de rénovation énergétique des logements qui comprendrait trois priorités : la réhabilitation thermique des logements sociaux sur la base d'objectifs chiffrés en s'appuyant sur des outils tels que le prêt, une enveloppe de l'ANRU, le conditionnement des droits à construire ainsi qu'une prime aux bailleurs vertueux ; un plan d'accompagnement des initiatives menées par le secteur privé avec des aides renforcées et conditionnées au recours à des artisans labellisés); une protection des foyers en situation de précarité énergétique.

Jean-Luc Mélenchon a élaboré son programme en la matière en partenariat avec la Fondation Abbé Pierre. Il propose notamment de lancer un vaste plan de rénovation énergétique. L'objectif étant d'isoler au moins 700 000 logements par an.

Il vise par ailleurs une augmentation des aides attribuées par l'Etat et leur centralisation dans un guichet unique.

Marine Le Pen ne propose pas de mesures chiffrées sur le sujet. Elle souhaite faire de l'isolation de l'habitat une priorité budgétaire du quinquennat et lancer un plan de rénovation énergétique des bâtiments qui s'appuierait sur des prêts à taux zéro financés par la Banque de France.

Pour cela, elle préconise la création d'une aide pour les travaux d'isolation ainsi qu'une simplification de l'eco PTZ.

 

 
 

Logement : quelles propositions portées par les représentants d'intérêts ?

 
 
 

 

La Fnaim regrette que les candidats ne traitent pas assez de la question du logement. A cet égard, la fédération a publié ses quatre grands axes de travail à destination des candidats : réviser la fiscalité nationale et locale ; stabiliser la production de textes législatifs et simplifier ceux qui ont été mal rédigés ; revitaliser le logement existant ; revoir les politiques pour le logement social. Plus précisément, la Fnaim préconise notamment de contenir l'augmentation de la taxe foncière ; de fixer un taux unique de 20% sur les plus-values ; de supprimer l'encadrement des loyers.


La Fondation Abbé Pierre a pour sa part auditionné les différents candidats à l'élection présidentielle le 31 janvier. Dans ce cadre, la fondation avait présenté plusieurs propositions dont l'instauration d'un droit au logement autonome sans condition, la création de nouvelles aides et l'accès facilité aux allocations logement pour rembourser les prêts engagés pour les travaux de rénovation énergétique ; la révision des valeurs locatives cadastrales sur lesquelles reposent la taxe d'habitation et la taxe foncière.


La Fédération Française du Bâtiment (FFB) a également publié son livre blanc intitulé « reconstruire la France » à destination des candidats. La FFB plaident auprès du futur chef de l'État pour un soutien sans faille des pouvoirs publics en faveur de la transition énergétique et numérique. Cependant, elle rappelle son opposition aux obligations de travaux de rénovation énergétique.


La Confédération des artisans du bâtiment (Capeb) a adressé aux candidats à l'élection présidentielle, dix mesures à prendre dans les 100 premiers jours du quinquennat. Ce plan est centré sur le soutien à l'entreprenariat et à l'emploi. La Capeb souhaite aussi une TVA unique à 7% en pérennisant la TVA à taux réduit pour les travaux de rénovation énergétique et en l'élargissant aux travaux d'accessibilité.


L'Union Sociale pour l'Habitat appelle les candidats à faire du logement un thème prioritaire de la campagne électorale. Elle préconise d'inscrire dans une loi de programmation pluriannuelle qui serait adoptée au début du quinquennat des objectifs ambitieux en matière de construction et de rénovation de logements sociaux. L'Union Sociale pour l'Habitat plaide également pour un rehaussement de son financement (actuellement de 6 milliards d'euros jusqu'en 2024, essentiellement abondé par Action Logement).

 

 

 

 

Les candidats audités par la Fondation Abbé Pierre

 

 
 

L'Oeil sur les réseaux

 
 
 

 

Grayling a développé des outils d'analyse de réputation dans les media et sur les réseaux sociaux.


Ces outils nous permettent de dresser un état des lieux de l'impact des prises de position et propositions des candidats à l'élection présidentielle.
Vous trouverez ci-après notre analyse pour la période du 1er au 24 Mars 2017.

 

Pendant cette période, Emmanuel Macron avait fait l'objet du plus grand nombre d'articles sur son programme, en mettant le logement au coeur de la campagne avec sa proposition d'exonérer de taxe d'habitation 80% des Français. On notera que la santé et l'industrie, notamment à travers la proposition de taxe sur les robots de Benoit Hamon,  continuent de s'imposer comme des préoccupations importantes mais que le numérique reste délaissé par les candidats.

 

 

 
 

 

Candidats ayant fait l'objet du plus grand nombre d'articles sur leur programme, du 1er au 24 mars.

La couverture médiatique n'indique pas nécessairement le taux de reprise ou un activisme supérieur des Internautes vis-à-vis des articles lus en ligne. Le graphe ci-dessous démontre le fort intérêt pour les propositions des candidats concernant le logement sur les réseaux sociaux.
Il est intéréssant de noter que les articles citant tous les candidats le font majoritairement sous l'angle de la comparaison des programmes de santé.
 

Alors que sur la période analysée Benoit Hamon, François Fillon et Emmanuel Macron ont tous les 3 présenté leur programme, nous constatons que l'attente vis à vis du programme d'Emmanuel Macron était très forte comme le montre le taux de reprise dont il a bénéficié.
François Fillon, bien qu'il soit fréquement cité dans la presse n'est que peu associé à son programme. Ses nouvelles propositions en matière de santé dévoilées le 22 mars lui offrent sa principale source de reprise médiatique.
 

 

 

 
 

 

Nombre d'interactions sur les articles traitant des programmes des candidats, du 1er au 24 mars. Les interactions sont constituées des partages Twitter, Facebook, LinkedIn, Google+... des articles sur les programmes des candidats.

 

 
 

Le tweet de la semaine

 
 
 

 
 

 

Organisé et diffusé par TF1 le 20 mars, le premier débat de cette élection présidentielle réunissait les 5 principaux candidats, Marine Le Pen, François Fillon, Emmanuel Macron, Benoit Hamon et Jean Luc Mélenchon.

Les téléspectateurs et internautes ont humoristiquement remarqué que Nathalie Kosciusko-Morizet, présente au premier rang dans le public pour soutenir François Fillon, s'était penchée à plusieurs reprises pour être certaine d'apparaitre dans le champ de la caméra.

 

 
 

Grayling Team

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