Contenus

/ Contenus / L’évolutivité est-elle la réponse à la pénurie de logements ?

Free thinking from Grayling people

L’évolutivité est-elle la réponse à la pénurie de logements ?

27 juin 2018


Par Marie-France Bergamo, Consultante Senior Corporate / Grayling France

En 2050, 75 % de la population mondiale vivra dans des « villes-monde », contre 50 % aujourd’hui. En parallèle, d’après une étude sur les conditions de logement en France en 2017 publiée par l’Insee, la taille des ménages diminue alors que leur nombre augmente : ainsi plus d’un tiers d'entre eux (35 %) ne comptent qu’une seule personne. La raison en est le vieillissement de la population et les changements dans les modes de vie (hausse des séparations, diminution des familles nombreuses…). Ce qui laisse deviner l’impact sur le logement de par l’enjeu social et politique qu’il représente.

Aujourd’hui nous assistons à une crise du logement en France « à deux vitesses » :

- Il y a d’un côté de plus en plus de précaires et d’exclus qui recherchent (ou pas) quotidiennement un hébergement d’urgence. Les chiffres sont éloquents : 4 millions de mal-logés et 15 millions de personnes fragilisées, une hausse inquiétante du sans-abrisme (+ 50 % entre 2001 et 2012), dans les villes de plus de 20 000 habitants et l’on compte 105 000 sans-abri qui se font domicilier. A cela s’ajoute l’arrivée massive et constante de migrants dont on en dénombre 1,5 pour 1000 habitants.

Parmi les solutions proposées :

- Dans le Grand-Paris, 114 000 places d’hébergement sont réparties dans  131 communes dont 3700 à Paris. Cette capacité reste insuffisante malgré l’investissement annuel de quelque 2 milliards d’euros porté par le Gouvernement. En complément, le déploiement à l’automne prochain, du plan « Logement D’abord » dans 24 villes de l’hexagone devrait permettre d’endiguer ce fléau. Version française du programme expérimental Housing First (« Chez soi d’abord ») lancé avec succès à Seattle aux USA, son objectif initial était l’accès à un logement sans conditions pour les personnes exclues et précarisées. Un élan malheureusement tout juste contré avec la suppression de la taxe en faveur des sans-abri à Seattle, à la demande d’Amazon.

- l’émergence de nouvelles structures d’hébergement associatives et solidaires « mobiles et démontables » telles que le Site des Grands Voisins, Yes We Camp, le Bastion de Bercy ou encore l'atelier Rita, lauréat du prix de la première œuvre 2017, soutenues par des pionniers de l’accompagnement aux personnes exclues, à l’instar de l’association Aurore, et également par des architectes qui ont décidé de rendre ces logements plus « vivables » et pérennes… Les lieux investis sont le plus souvent des friches, des sites industriels ou des infrastructures publiques en attente de réaménagement.

- Il y a également les personnes qui ont un parcours résidentiel a priori facilité par l’accès au logement social ou à l’accession grâce aux aides aux logements, prêts, cautions… Mais sans pour autant être à l’abri d’embûches matérielles et financières au cours de leur vie : les salariés, les étudiants, les alternants, les seniors…

Comme pour occulter la complexité de cette crise chronique, Paris expérimente, sur un plan architectural, depuis près de 2 ans, un déferlement bouillonnant d’initiatives en faveur de la ville de demain : pour preuve une succession de concours d’aménagement urbain lancés par la Mairie de Paris : Réinventer Paris, Réinventer la Seine, Réinventer les sous-sols parisiens, le lancement de l’accélérateur de design urbain Faire Cela va de projets de transformation de bureaux, casernes, gares, usines, fermes, voire d’églises en lieux de vie et de loisirs à des projets de programmes mixtes insolites et inédits, dans le respect de la ville durable. Les modes d’habitat y sont également multiples : colocation intergénérationnelle, habitat participatif ou autogéré en mode wiki, échange de logements, logements évolutifs…

Cependant les politiques nationales d’habitat, souvent complexes par leur technicité se sont succédées au rythme des gouvernements sans résultats probants jusqu’à la vaste réforme du logement initiée en 2017 par le gouvernement Macron, faisant couler beaucoup d’encre : le projet de loi logement ELAN et ses 3000 amendements dont l’examen se poursuit à l’Assemblée nationale devrait être promulgué en septembre prochain. « Construire plus, mieux et moins cher » : c’est l’objectif clairement affiché par le Ministère de la Cohésion des territoires. Concernant le logement dans le Grand Paris qui compte aujourd’hui près de 7 millions d’habitants, la Métropole du Grand Paris se verra confier les compétences et le financement du logement dès le 1er janvier 2019. Cet enjeu de taille se concrétisera par l’adoption d’un plan métropolitain de l’habitat et de l’hébergement.

L’arrivée des migrants en Europe aurait-t-elle fait enfin prendre conscience aux politiques de l’urgence de trouver des solutions globales d’habitat pérennes et dignes ?

Moins de lois et plus de pragmatisme, de volonté et d’engagement porté par une communication plus globale et lisible tournée vers les usagers : ne serait-ce pas une des solutions pour l’avenir ?

 

Rappelons que Grayling France a une forte expertise dans le domaine du Logement et de l’immobilier. Notre équipe Corporate accompagne en effet actuellement, depuis de nombreuses années, La FNAIM du Grand Paris, le Groupe Logement Français ou encore Action Logement et compte de nombreuses autres références dans le domaine.

Plus d’informations auprès de Marie-France Bergamo, Consultante Senior Pôle Corporate, ou encore de Bertrand Paul, Directeur du Pôle Corporate.

 


Grayling Team

Derniers éléments de contenu

7 août 2018


Quelle est la meilleure approche avec les influenceurs ?

Par Pancras Mutuma, Consultant RP / Marketing Digital au sein de Grayling Moyen-Orient, Turquie et AfriqueJ'ai récemment eu un court échange sur Twitter avec l’un de mes followers, au sujet du...

En savoir plus

9 juillet 2018


Le “dark social”, l'opportunité inexploitée

Par Lucy Merigold, Directrice Marketing Digital, Grayling Moyen-OrientLe “dark social”, c’est quoi exactement ? Une entreprise / marque doit-elle le prendre en considération lorsqu’elle...

En savoir plus

1 juin 2018


Risquez-vous d’être « Lost in Translation » ?

Par Jonathan Shillington, Directeur Général de Grayling Moyen-OrientPour les entreprises travaillant dans une multitude de langues, par-delà les frontières et embrassant une variété de cultures,...

En savoir plus