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Privatisations : une occasion unique de redynamiser l’actionnariat populaire en France

3 septembre 2018


Par ANTOINE DENRY, Managing Director chez Citigate Dewe Rogerson Paris* en charge de la  communication financière.

Tribune publiée dans Les Echos le 23 août 2018

 

Le Projet de loi Pacte a rendu son verdict. L’Etat français va céder plusieurs de ses participations dans trois entreprises : ADP, FDJ et Engie. Si la pertinence de ces cessions n’est ici pas remise en cause - elles devraient financer un fond pour l’innovation de rupture de 10 milliards d’euros voulu par le Président Macron - il convient de se pencher sur l’opportunité que représente une telle vente pour développer fortement le nombre d’actionnaires français qui a aujourd’hui atteint un point bas.

Bruno Le Maire, Ministre de l’Economie et des Finances, le dit et le répète : favorisons l’actionnariat populaire ! Dans un pays où 3,7 millions de Français détiennent des actions (contre 7 millions en 2007), il devient urgent de repenser notre modèle.

Certes la décision de réserver une partie du capital des entreprises que l’Etat entend céder aux personnes physiques va dans le bon sens, mais à condition qu’un cadre favorable soit minutieusement préparé avec les entreprises concernées afin de s’inspirer des meilleures pratiques du CAC40 voire d’innover de manière radicale. Il s’agirait notamment de mieux prendre en compte la segmentation des actionnaires par rapport à leur horizon d’investissement. Loin d’être un bloc homogène, ils ont des attentes nécessairement diverses, qu’ils soient investisseurs individuels ou institutionnels.

 

Etre associé aux décisions

Pour que les Français investissent dans les entreprises, il faut d’abord que cela soit attractif en termes de couple rendement/risque. De ce point de vue, la « flat tax » de 30 % sur les revenus du capital, allège en partie le coût de l’investissement boursier. Mais surtout, l’actionnaire individuel veut être considéré, sentir qu’il est associé aux décisions. C’est l’adéquation de la stratégie, de la vision, du modèle économique de l’entreprise avec les attentes de l’actionnaire qui est la clé de l’établissement d’un lien de confiance réciproque.

En ce sens, l’entreprise doit multiplier les canaux de communication pour toucher des profils extrêmement variés. La digitalisation de la communication offre à ce titre des possibilités très intéressantes de dialogue entre l’entreprise et ses actionnaires.

Si on veut redynamiser l’actionnariat individuel, il faut avant tout donner envie aux personnes physiques de le devenir et ensuite de le rester. Ce qui nécessite de prendre des mesures afin de valoriser le statut d’actionnaire : faciliter la présence et le vote des actionnaires lors des AG, leur donner la parole ou la possibilité d’interagir avec l’entreprise de manière régulière ou encore accorder une place à un représentant des actionnaires individuels au sein des conseils d’administration. Autant de pistes qui permettent à l’actionnaire personne physique de trouver sa place et d’exercer un vrai rôle.

Dans le passé les ouvertures de capital d’entreprises publiques comme EDF ou France Telecom ont attiré, avec le soutien de grandes campagnes marketing et publicitaires, un large actionnariat populaire. C’est à l’État aujourd’hui de dresser le bilan des opérations précédentes et d’évaluer l’appétence du grand public pour ce type d’opération. En effet les cours de bourse des acteurs concernés cotent aujourd’hui à près de la moitié de leur prix d’introduction sur le marché. De quoi freiner les ardeurs.

L’appétit est-il toujours là ? Quelle que soit la réponse, il faudra que l’État et les sociétés privatisées suscitent l’envie et créent un terreau favorable d’adhésion par des conditions avantageuses (discount sur le prix des actions, absence de droit de garde, actions gratuites, primes de fidélité, engagements forts pris pour une communication directe et instantanée, création de comités consultatifs d’actionnaires…), sous peine d’être accusés de brader le patrimoine national au seul bénéfice des investisseurs institutionnels, notamment étrangers.

 

Parce qu’il s’agit autant d’une affaire de symboles que d’une affaire économique et financière, la communication jouera un rôle essentiel dans les opérations de privatisations. A ce titre, la privatisation de FDJ, une marque patrimoniale, grand public et assez ludique, peut sans doute être l’occasion de revitaliser l’actionnariat individuel en France. À l’État de mettre en place le cadre incitatif approprié et d’encourager les entreprises à placer l’actionnaire individuel au cœur de leur stratégie.

 

 

*Citigate Dewe Rogerson Paris, notamment reconnue sur le marché français pour son expertise en matière de communication corporate, financière et de crise, et Grayling France, ont annoncé leur rapprochement en juin 2018. Ensemble, les deux agences comptent 35 collaborateurs et disposent d'un portefeuille de plus d’une centaine de clients mêlant sociétés du CAC 40, institutions, PME en forte croissance, start-ups, fintechs, biotechs, etc.

 

 

 


Grayling Team

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